Saison 1961-62 : un automne raté

Pour la deuxième saison sous la baguette de José Arribas, l’équipe se montre en progrès mais, malgré un recrutement prometteur, elle va trainer comme un fardeau ses mauvais résultats d’automne et passer une nouvelle fois à côté de l’essentiel : la montée. Cette saison reste cependant celle où les bases des futurs succès se mettent en place.


Président : Jean Clerfeuille

Entraineur : José Arribas

Effectif : Bachortz (Marc), Blanchet (Bernard), Bodini (Ernest), Bout (Georges), Cisowski (Thadée), Couronné (Jean-Marie), Eon (Daniel), Fiori (Raymond), Gondet (Philippe), Gonzalez (César), Grillet (Pierre <– Septembre), Guillot (Jean), Jort (Yves), Jublot (Yvon), Le Chenadec (Gilbert), Lecorps (Léon), Lhomme (Jean-Claude), Rousseau (Jacques), Simon (Jean-Jacques), Strappe (André), Suaudeau (Jean-Claude), Suray (Félix), Wozniesko (Raymond –> Décembre)

Arrivées : André Strappe (Le Havre),Georges Bout (Sochaux), César Gonzalez (Nice), Jean Guillot (Racing), Jean-Claude Lhomme (Belfort), Yvon Jublot (Orléans), Raymond Wozniesko (retour prêt de Alès), Thadée Cisowski (octobre <– Valenciennes), Pierre Grillet (septembre <– Racing)

Départs : René Dereuddre (Grenoble), Kurt Schindlauer (arrêt), Gabriel Caullery (Sables d’Olonne), Daniel Carpentier (entraineur à Lorient), Jean-Claude Bielicki (retour prêt à Valenciennes), Thadée M’Nick (arrêt), Robert Samson (Sochaux), Maurice Balloche (arrêt), Raymond Wozniesko (décembre –> Cherbourg)

Football Club de Nantes

Saison 1961-62 :

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Debout de gauche à droite : Le Chenadec, Bout, Fiori, Eon, Gonzalez, Bodini.

Accroupis : Grillet, Suaudeau, Strappe, Guillot, Couronné.

Championnat : Deuxième Division
Classement : 6ème (36 matchs, 16 victoires, 8 nuls, 12 défaites, 43 buts marqués, 43 buts encaissés).
Buteurs : Cisowski (8+1), Couronné (6), Grillet (5+1), Lhomme (5), Suaudeau (4), Strappe (4), Gondet (3), Bodini (2), Jublot (1+1), Bout (1), Wozniesko (1), Guillot (1), Blanchet (1).

Quand démarre la saison 1961-62 l’optimisme est de mise chez les amateurs du football nantais. A cela deux raisons principales : la première réside dans le règlement de la Deuxième Division avec 4 lauréats à la D1 en fin de saison, le second est que l’effectif semble particulièrement taillé pour pouvoir ambitionner l’un de ses 4 fauteuils.

Le “chantier” principal des dirigeants nantais pour l’été 1961 fut de remodeler la défense. Cette dernière s’est en effet révélée comme le point faible (64 buts encaissés en 36 matchs, la 16ème défense du championnat) la saison précédente.

L’effort financier se porte donc sur ce secteur avec le recrutement du franco-argentin de Nice César “Pancho” Gonzalez. Formé à Boca Juniors mais naturalisé français, “Pancho” Gonzalez compte près de 300 matchs en D1 chez les Aiglons dont il est devenu un défenseur mythique (élu capitaine de l’histoire de l’OGCN par les supporters). Son palmarès mentionne 3 titres de Champion de France (52,56 et 59) et 2 Coupes de France (52 et 54). Bien qu’étant âgé de 35 ans à son arrivée à Nantes il reste une valeur sûre du football français. Il va apporter à la défense des canaris son expérience, sa sûreté et son sens du placement. C’est en quelque sorte le 1er représentant de la lignée des grands défenseurs argentins du FC Nantes (avant les Hugo Bargas, Enzo Trossero et Nestor Fabbri). Son autorité naturelle l’impose tout de suite comme capitaine de l’équipe, José Arribas va pouvoir s’appuyer sur lui pour bâtir sa défense qui s’articulera autour de la charnière formée avec le jeune Le Chenadec : fougue d’un côté, métier et sang froid de l’autre, l’association va bien fonctionner et, de fait, l’équipe encaissera 21 buts de moins que la saison précédente. “Pancho” Gonzalez restera deux saisons au FCN, sera l’un des grands artisans de l’accession en D1 avant de prendre sa retraite et devenir entraineur (à Nice, Angers et Rouen notamment).

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 César “Pancho” Gonzalez,un métier et un palmarès au service du FC Nantes 1961-62

 L’autre recrue d’importance chez les arrières est l’arrivée de Georges Bout, 28 ans, joueur athlétique, passé par Sète et surtout Sochaux (3 saisons dont une en D1 et une finale de Coupe de France perdue en 1959). Il restera 4 ans à Nantes avec qui il connaîtra la montée et le premier sacre national.

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 Georges Bout, ici avant la finale de Coupe de France 1959

L’autre évènement de l’intersaison, avec l’arrivée de Gonzalez, est le renfort d’André Strappe. A 33 ans le nordiste, bien qu’en fin de carrière, dispose encore d’un talent certain pour pouvoir briller en Deuxième Division nationale. International à 23 reprises (4 buts) entre 1949 et 1954(Participation à la Coupe du Monde 1954 avec René Dereuddre), Strappe est une grande figure du Lille OSC des années 50. Originaire de Bully (comme Dereuddre) à 14 ans il descend à la mine avant de faire carrière au ballon rond. Avec les Lillois il devient Champion France en 1954 et remporte les Coupes de France 1953 et 1955. Il récidive en 1959 avec Le Havre (doublé Champion de France D2 et Coupe de France).

“Je ne suis pas venu ici en pré-retraite, mais bien parce que j’espère revivre une aventure comparable à celle que j’ai connue au Havre où nous étions montés en 1ère division.” (1)

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André Strappe, 33 ans, 3 fois vainqueur de la Coupe de France

On notera encore l’arrivée de Yvon Jublot, 26 ans,  défenseur, milieu de terrain de l’Arago Orléans, qui bien que sollicité par le Racing, Paris, Lille ou Bordeaux, choisit de signer pro au FC Nantes. Rapide et adroit, Yvon Jublot sait aussi jouer sans ballon et créer du mouvement. C’est pour ces qualités que José Arribas le recrute. Il restera deux saisons à Nantes et participera à la la montée en D1 avant de partir à Cherbourg.

Du côté des départs on notera principalement celle de René Dereuddre. L’arrivée de Gonzalez et l’effort financier qui en découle force les dirigeants à dégraisser la masse salariale et à se séparer de l’ancien international qui rebondira aussitôt à Grenoble qui vient d’être relégué en D2. Avec les isèrois quelques mois plus tard il sera sacré Champion de France de D2. René Dereuddre aura passé 2 saisons sur les bords de Loire (60 matchs et 7 buts).

Enfin on enregistre l’arrêt de Maurice Balloche, 33 ans, qui a moins joué la saison précédente (seulement 8 matchs). Il décide de raccrocher les crampons après 8 saisons pleines au FC Nantes (238 matchs 10 buts).

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Maurice Balloche, 8 saisons au FCN (238 matchs, 10 buts)

 En septembre, les résultats moyens du début de saison vont rapidement décider les dirigeants nantais à se renforcer. Pour ce faire ils se tournent vers le Racing Club de Paris qui souhaite se séparer de Jean Guillot.

A 30 ans, Jean Guillot a la réputation d’un meneur de jeu très collectif, il sort alors de 7 saisons passées en D1 avec les “Pingouins” du Racing (199 matchs 58 buts). Il raconte :

“On ne m’avait averti de rien. Un matin, Pierre Grillet est venu chez moi. Il m’a dit : “Tiens, je suis transféré à Nantes.” Comment sais-tu cela,lui ai-je demandé. “Eh bien je l’ai lu dans le journal”, a-t-il répondu. Il a ajouté, avec un sourire en coin : “A propos, toi aussi tu es vendu à Nantes !” J’ai ouvert de grands yeux. “C’est également dans le journal”, a précisé Pierre. Naturellement, je n’en revenais pas. Mais il a bien fallu que je me rende à l’évidence, Grillet ne racontait pas d’histoires…”(1)

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Jean Guillot, un “Pingouin” chez les canaris

En effet Pierre Grillet ne mentait pas, lui qu’on dit alors perdu pour le football faisait l’objet d’un marchandage : les dirigeants nantais devront prendre Guillot et Grillet ou rien du tout !

Jean Clerfeuille décide : ce sera les deux !

Pierre Grillet,  ailier droit, 29 ans, attaquant emblématique du Racing avec lequel il a connu 8 saisons en D1 (208 matchs, 68 buts), est un ancien international (9 sélections, 2 buts). Malheureusement à son arrivée à Nantes il est handicapé par une arthrose chronique de la hanche qui l’empêche de donner le meilleur de lui même. Il ne restera qu’une saison à Nantes avant de mettre un terme à sa carrière.

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Pierre Grillet sous le maillot de l’EdF

Il faut dire aussi que rapidement Pierre Grillet va connaitre la concurrence, sur l’aile droite, d’un jeune espoir du club, alors à l’aube d’une grande carrière : Bernard Blanchet et ses 18 ans.

Originaire de Saint-Mars-la-Jaille ses parents tiennent un bar au Croisic à partir de 1950. C’est au Croisic que Bernard fait ses premières armes et commence à se tailler une certaine réputation dans le secteur : petit mais vif et rapide à 16 ans il joue déjà dans l’équipe première du Stade Croisicais (alors en PH) et fait partie des sélections jeunes de la Ligue de l’Atlantique. Fin 1960 il fait un stage de huit jours au Racing de Paris mais n’est pas gardé : “C’est bien mais tu es trop petit. On ne peut donc pas te prendre !”(2) Pas vraiment découragé par ce premier échec Bernard remet ça pour les vacances de Pâques suivantes (Printemps 1961) lors d’un stage de détection organisé par le FC Nantes sous l’initiative de José Arribas. Cette fois le jeune croisicais s’y rend accompagné d’un autre espoir du Stade Croisicais, Claude Debec. Le stage dure trois jours. “Nous étions une trentaine de jeunes venus de toute la France. Nous couchions en face de la gare, à l’hotel de Vendée. J’étais cuit car je ne m’étais jamais entrainé comme cela”.(2) Fatigué ou pas le jeune Blanchet termine major du stage et est directement sollicité par José Arribas pour rejoindre l’effectif du club la saison suivante. Pourtant c’est bien chez les voisins rennais que le jeune espoir faillit signer son premier contrat quelques semaines plus tard, car, conseillés par l’entraineur du Croisic et ancien joueur pro du Stade Rennais, Jo Rapzeznec, les dirigeants rennais sont bien décidés à prendre de vitesse leurs homologues nantais.José Arribas, sentant le coup venir, décide de prendre personnellement les choses en main et se rend illico presto dans le café des parents Blanchet pour lui faire signer son contrat de stagiaire pro. Il devra patienter jusqu’à 23h30 pour que le jeune footballeur rentre de mer (il fait la saison de la sardine durant l’été 1961) et c’est sur le capot de sa voiture stationnée sur les quais du port du Croisic que Bernard s’engage chez les Canaris.Au mois d’août il rallie Nantes où il est logé dans une pension de famille près du Parc de Procé où se déroulent les entrainements du FCN. A 18 ans et après quelques apparitions en CFA et quelques entrainements avec les pros, Arribas l’intègre à son effectif. Bernard Blanchet fera ses débuts comme titulaire chez les professionnels lors de la 7ème journée de D2 pour la réception de Cannes mi-septembre 1961 (victoire 1-0). Pour son premier match, il est déjà noté par France Football comme l’un des meilleurs sur le terrain. C’est le début de la longue et belle carrière de “Blaouette” qui deviendra une Légende du FC Nantes (meilleur buteur de l’histoire du club en D1). Après Daniel Eon, Gilbert Le Chenadec, Coco Suaudeau et Philippe Gondet, Bernard Blanchet est le cinquième joueur à rejoindre ce qui deviendra la première génération dorée des canaris.

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Le jeune Blanchet, 18 ans à ses débuts chez les pros

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Ci-dessus l’équipe qui joua les 3 premières journées de championnat

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L’effectif du FCN saison 1961-62

Après des débuts réussis pour la 1ère journée du championnat avec une victoire obtenue sur le terrain de Boulogne (1-3), les nantais vont rapidement constater que leur recrutement quelque peu tapageur a fait naitre de la méfiance chez leurs adversaires. La réception à Malakoff de Besançon qui bétonne dès la 2ème journée leur pose un problème qu’ils ne parviennent pas à solutionner. L’affaire ne s’annonce donc pas si simple…Néanmoins, à mi-septembre  les jaune et vert restent dans le coup à mi-septembre (avec 3 victoires, 2 nuls et 1 défaite ils restent à 3 points des leaders).

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 27 août 1961 (2ème journée de D2): FC Nantes 0-0 Besançon

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(extraits de France Football du 29/8/61)

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3 septembre 1961 (4ème journée de D2) : FC Nantes 2-0 Cherbourg

(extrait de France Football du 5/9/61)

Rien ne peut présager alors de la terrible période qui s’engage avec la défaite chez les modestes parisiens du CAP le 20 septembre 1961 (2-0). La fin septembre et le mois d’octobre vont s’avérer catastrophiques et compromettre grandement les ambitions nantaises d’accession en fin de saison. Les canaris enchainent 5 défaites et 3 matchs nuls qui les font dégringoler au classement. Plus inquiétant encore : la défense donne des signes de faiblesse et l’attaque très inefficace.

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24 septembre 1961 (8ème journée de D2) : Troyes 4-1 FC Nantes

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(extrait de France Football du 26/9/61)

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7 Octobre 1961 (10ème journée de D2) : Red Star 2-2 FC Nantes

(extraits de France Football du 10/10/61)

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(extraits de France Football du 10/10/61)

Les arrivées tardives des renforts parisiens Guillot et Grillet ne change pas la donne.

Les débuts de Guillot sont particulièrement difficiles : “Je n’en piquais pas une. Le transfert m’avait totalement déboussolé. J’avais toujours vécu à Paris, je ne m’acclimatais pas, je m’ennuyais”.(1)

Le 11 octobre , lors de la grosse défaite à domicile (1-5) face à Valenciennes, le public nantais le prend carrément en grippe.

J’en avais vraiment entendu de toutes les couleurs. On me reprochait un salaire soi-disant de ministre. Je me souviens plus particulièrement d’une insulte, elle m’avait frappé : “Navet !” avait crié un spectateur du haut de la tribune”. (1)

Les évènements semblent définitivement contraires avec le match suivant perdu à Bordeaux où les canaris se font voler (2-1) par un arbitrage à sens unique (but injustement refusé au nantais et deux pénaltys évidents non sifflés suivant les commentaires de l’époque).

Au soir de la 13ème journée après une nouvelle sévère défaite à Limoges (0-4) les canaris se classent 14èmes, à 8 points des leaders mais surtout à 6 points du quatrième et dernier promotionnable !

L’inquiétude et le doute gagnent les rangs nantais mais, une nouvelle fois, Arribas se veut rassurant : “Notre football construit finira par payer.”

Avec seulement 12 buts marqués en 13 journées, l’attaque est clairement en panne. De plus pour ne rien arranger l’avant-centre Gondet va bientôt partir en Algérie pour y effectuer son devoir national. Lors du match contre VA, les dirigeants nantais se renseignent donc sur Thadée Cisowski qui cire le banc et se morfond dans le nord. Le joueur n’a plus la confiance de Domergue, son entraineur qui n’a toujours pas fait appel à lui depuis le début de la saison.

“Je veux partir de cet enfer. Je ne cherche pas d’argent, je veux jouer. Simplement jouer.”

Il est finalement libéré par son club et rejoint le FCN fin octobre.

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Raymond Kopa entouré des deux futurs canaris Cisowski (à gauche) et Strappe (à droite)

Les deux seront buteurs contre l’Allemagne en 1952 (victoire 3-1)

A 34 ans et 206 buts marqués en D1 qui ont font l’un des meilleurs buteurs du championnat de France de tous les temps, Thadée Cisowski est une grande vedette du football français. Son histoire commence à Piennes (Meurthe-et-Moselle) où dès l’age de 14 ans il descend à la mine la semaine et marque des buts le dimanche pour le club local. A 20 ans il part tenter l’aventure professionnelle à Metz où durant 4 saisons il marque 45 buts (116 matchs en D2 mais surtout D1 entre 1947 et 1952). Il joue encore chez les grenats quand il connait les joies d’une première sélection chez les Tricolores (2-2 contre l’Autriche à Colombes le jour de la Toussaint 1951, en face on trouvait deux futurs canaris : Melchior et Habitzl). Mais c’est surtout au Racing Club de Paris qu’il va devenir un “scorer”hors-pair entre 1952 et 1960, terminant meilleur buteur de D1 en 1956 (31 buts), 1957 (33 buts) et 1959 (30 buts) et dauphin de Just Fontaine en 1960 (27 buts). S’il ne compte que 13 sélections en Equipe de France (11 buts) c’est principalement en raison des nombreuses blessures qui ont émaillé sa carrière (2 fractures de la jambe) car les rudes défenseurs de D1 utilisent souvent tous les moyens possibles (dont les plus violents) pour arrêter les chevauchés de “Ciso”. C’est le 11 novembre 1956 qu’il entre définitivement dans l’histoire du football français. Ce jour là il marque à 5 reprises face à la Belgique à Colombes (6-3) lors éliminatoires pour la Coupe du Monde 1958 qui verra la si belle épopée française en Suède. Une aventure que ne vivra pas Thadée Cisowski qui sera blessé longuement lors de la saison 1957-58. Durant l’été 1960 il quitte le Racing pour rejoindre Valenciennes, il a alors 33 ans, et connait son premier véritable échec, ne marquant que 9 buts pour sa première saison dans le Nord qui voit son club  descendre en 2ème division.  Vint ensuite le différend avec Domergue et son éviction de l’effectif et son transfert vers Nantes.

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(extrait de France Football du 5/9/61)

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“Ciso” ici félicités par les supporters français après la large victoire face à la Grèce (7-1) le 1/10/58

(2 buts marqués ce soir là)

Thadée Cisowski effectue ses grands débuts à Malakoff le 29 octobre contre Forbach, c’est aussi ce jour là le grand retour de Daniel Eon dans les cages nantaises après son retour d’Algérie (jusque là c’est Marc Bachortz qui a joué les 13 premières journées). Mais cela ne suffit pas et les canaris sont à nouveau accrochés sur leur pelouse (1-1) par la lanterne rouge. C’est Cisowski qui égalise à deux minutes du coup de sifflet final, évitant de justesse une nouvelle défaite du FCN.

Le déclic vient quelques jours plus tard lors du déplacement au Stade Vélodrome. Les marseillais pourtant auteurs d’un bon début de championnat s’inclinent sur leur pelouse (0-2) face à des nantais transfigurés emmenés par un Cisowski éblouissant et à nouveau buteur. Lors du match suivant, face à leur ancien entraineur Aimé Nuic,  les canaris étrillent Béziers (5-0) avec 2 nouvelles réalisations de Cisowski (sur pénalties).

 

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5 novembre 1961 (16ème journée de D2) : FC Nantes 5-0 Béziers

(extrait de France Football du 7/11/61)

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Des débuts remarquables pour Cisowski avec le FCN

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(extraits de France Football du 7/11/61)

Entre la 15ème journée (le 1er novembre) et la 29ème journée (le 18 mars) les canaris vont l’emporter à 9 reprises et se rapprocher du 4ème (à seulement 3 points de Besançon). L’espoir renait sur la cité de la Basse-Loire.

 On notera au passage la superbe victoire (1-2) obtenue sur le terrain du leader et futur champion de la division, Grenoble, lors du premier match retour le 3 décembre.

C’est l’un des très rares faux pas enregistré lors de cette période faste qui va s’avérer déterminant en fin de saison. Le 11 février, les marseillais viennent prendre leur revanche à Malakoff (0-1). Au terme de la saison les Phocéens compteront 4 points de plus que les nantais et obtiendront le 4ème ticket pour la D1.

En Coupe de France, après une entrée délicate face à l’AS Brestoise, toujours difficile à manœuvrer dans cette compétition (les Brestois comptent en effet alors parmi ce qui se fait de mieux en France au niveau Amateurs), les canaris sont sèchement éliminés, début janvier, au stade des 1/32ème de finale face aux voisins Angevins alors pensionnaires de D1 (1-4). Cela fait 5 ans que le FCN n’a pas passé ce tour.

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4 mars 1962 (28ème journée de D2) : FC Nantes 1-0 Red Star

(extrait de France Football du 6/3/62)

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31 mars 1962 (31ème journée de D2) : FC Nantes 1-1 Limoges

(extrait de France Football du 3/4/62)

Le 21 avril 1952 marque le glas des derniers espoirs de montée nantais. Ce jour là, face à Aix à Malakoff, les attaquants canaris se heurtent à un gardien en état de grâce qui va leur faire barrage durant toute la partie. Les nantais se faisant même cueillir en fin de match sur une contre-attaque des méridionaux (0-1). Ce gardien se nomme Georges Carnus, il signera en fin de saison au Stade Français (D1) et deviendra international (A) à 36 reprises.

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6 mai 1962 (36ème journée de D2) : FC Nantes 1-0 Toulon

(extrait de France Football du 8/5/62)

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20 mai 1962 (37ème journée de D2) : FC Nantes 1-1 CA Paris

(extrait de France Football du 22/5/62)

Au final le FC Nantes se classe à la 6ème place de la Deuxième Division, à 4 points pour la montée qu’obtiennent Grenoble, Valenciennes, Bordeaux et Marseille.

De l’avis unanime des observateurs cette équipe avait pourtant le potentiel pour se mêler directement à la course à l’accession. Mais le retard pris à l’automne se sera avéré insurmontable au définitif.

Cette qualité collective reconnue, le FCN en fait la démonstration le 9 mai 1962 à l’occasion d’un match amical organisé à Nantes face au grand Stade de Reims de Raymond Kopa (2-0) qui s’apprête à devenir champion de France. Ce jour là Guillot est étincelant : “Je voulais partir, et Jean Clerfeuille était d’accord. Le médecin que j’avais consulté en lui demandant de diagnostiquer les raisons de ma méforme m’avait dit que je souffrais essentiellement d’ennui et il m’avait conseillé de changer d’air. Pendant quinze jours, avec la permission des dirigeants, j’étais retourné à Paris. Cela m’avait fait du bien. Je suis rentré la veille du match contre Reims. Je me sentais en pleine forme et c’est vrai que j’ai accompli un véritable festival. J’avais même marqué un but.”(1)

Arribas : ” On parle d’acheter un meneur de jeu pour la saison prochaine, or il est évident qu’on possède l’un des meilleurs de France dans notre effectif. Il s’agit de Jean Guillot. Il ne faut pas le laisser partir.”(1)

Guillot touché par tant d’attentions, décide alors de rester. Il sera l’un des grands artisans de la réussite de la saison suivante.

Autre fait marquants de cette fin de saison, le 29 mai 1962 lors d’un match amical remporté (3-2) face au Royal FC Liège (4ème de la D1 belge cette saison là), deux attaquants mis à l’essai : le toulonnais Bako Touré et le stratège biterrois Sadek Boukhalfa, auteurs d’un but chacun. Le premier signera finalement à Limoges la saison suivante. Le second sera la première recrue de l’intersaison du FC Nantes. On note enfin la signature, en juillet, du 1er contrat pro de Jean-Claude Suaudeau.

Au FC Nantes on ne le sait pas encore, mais la saison suivante sera la bonne…

(1) Bernard Verret - Le Chant des Canaris (1995) - Editions Leader.

(2) Yannick Batard - Football Club de Nantes, Une Equipe, Une Légende (2005) - Editions Cheminements.

Bilan de la saison :

Deuxième Division

FC Nantes : 6ème

1ère journée : Boulogne 1-3 FC Nantes ff0806-du-22-08-1961-d2b.jpg
2ème journée : FC Nantes 0-0 Besançon ff0807-du-29-08-1961-d2a.jpg
3ème journée : Roubaix 2-0 FC Nantes ff0808-du-05-09-1961-d2a.jpg
4ème journée : FC Nantes 2-0 Cherbourg ff0808-du-05-09-1961-d2d.jpg
5ème journée : FC Nantes 1-1 Lille ff0809-du-12-09-1961-d2a.jpg
7ème journée : FC Nantes 1-0 Cannes ff0810-du-19-09-1961-d2d.jpg
6ème journée : CA Paris 2-0 FC Nantes ff0811-du-26-09-1961-d2b.jpg
8ème journée : Troyes 4-1 FC Nantes ff0811-du-26-09-1961-d2a.jpg
9ème journée : FC Nantes 0-0 Grenoble ff0812-du-02-10-1961-d2a.jpg
10ème journée : Red Star 2-2 FC Nantes ff0813-du-10-10-1961-d2b.jpg
11ème journée : FC Nantes 1-5 Valenciennes ff0814-du-17-10-1961-d2a.jpg
12ème journée : Bordeaux 2-1 FC Nantes ff0814-du-17-10-1961-d2c.jpg
13ème journée : Limoges 4-0 FC Nantes ff0815-du-24-10-1961-d2a.jpg
14ème journée : FC Nantes 1-1 Forbach ff0816-du-31-10-1961-d2b.jpg
15ème journée : Marseille 0-2 FC Nantes ff0817-du-07-11-1961-d2b.jpg
16ème journée : FC Nantes 5-0 Béziers ff0817-du-07-11-1961-d2d.jpg
18ème journée : Aix 2-0 FC Nantes ff0819-du-21-11-1961-d2a.jpg
17ème journée : Toulon 0-1 FC Nantes ff0820-du-28-11-1961-d2b-r.jpg
20ème journée : Grenoble 1-2 FC Nantes ff0821-du-05-12-1961-d2a.jpg
21ème journée : FC Nantes 1-0 Troyes ff0824-du-26-12-1961-d2a.jpg
22ème journée : Lille 4-0 FC Nantes ff0825-du-02-01-1962-d2a.jpg
23ème journée : FC Nantes 2-1 Boulogne ff0827-du-16-01-1962-d2b.jpg
25ème journée : Cannes 0-1 FC Nantes ff0830-du-06-02-1962-d2b.jpg
26ème journée : FC Nantes 1-2 Marseille ff0831-du-13-02-1962-d2b.jpg
27ème journée : Béziers 2-3 FC Nantes ff0833-du-27-02-1962-d2b-r.jpg
28ème journée : FC Nantes 1-0 Red Star ff0834-du-06-03-1962-d2b.jpg
29ème journée : Forbach 1-1 FC Nantes ff0836-du-20-03-1962-d2b.jpg
30ème journée : FC Nantes 0-1 Bordeaux ff0837-du-27-03-1962-d2a.jpg
31ème journée : FC Nantes 1-1 Limoges ff0838-du-03-04-1962-d2a-r.jpg
32ème journée : FC Nantes 4-1 Roubaix ff0839-du-10-04-1962-d2b.jpg
33ème journée : Cherbourg 0-1 FC Nantes ff0840-du-17-04-1962-d2b.jpg
34ème journée : FC Nantes 0-1 Aix ff0841-du-24-04-1962-d2a.jpg
35ème journée : Besançon 1-0 FC Nantes ff0842-du-02-05-1962-d2b.jpg
36ème journée : FC Nantes 1-0 Toulon ff0843-du-08-05-1962-d2a.jpg
37ème journée : FC Nantes 1-1 CA Paris ff0845-du-22-05-1962-d2a.jpg
38ème journée : Valenciennes 0-2 FC Nantes ff0846-du-29-05-1962-d2a.jpg

Classement

Club Pts J G N P Bp Bc Diff
1 Grenoble 52 36 23 6 7 65 35 +30
2 Valenciennes 46 36 19 8
9 59 30 +29
3 Bordeaux 46 36 17 12 7
54 31 +23
4 Marseille 44 36 17 10 9 50 38 +12
5 Troyes 41 36 15 11 10 69 59 +10
6 Nantes 40 36 16 8 12 43 43 +0
7 Besançon 39 36 15 9 12 38 37 +1
8 Lille 37 36 14 9 13 64 56 +8
9 Toulon 36 36 13 10 13 42 38 +4
10 Red Star 36 36 13 10 13 50 51 -1
11 Limoges 35 36 14 7 15 64 60 +4
12 Aix 35 36 11 13 12 36 40 -4
13 Cannes 34 36 14 6 16 53 57 -4
14 Boulogne 31 36 12 7 17 47 59 -12
15 Cherbourg 29 36 11 7 18 47 64 -17
16 Forbach 26 36 6 14 16 42 58 -16
17 Béziers 26 36 8 10 18 46 64 -18
18 CA Paris 26 36 7 12 17 34 49 -15
19 Roubaix 25 36 8 8 19 40 66 -26

Buteurs : Masnaghetti (Valenciennes), 21 buts, Stopyra (Troyes) et Ossey (Limoges), 20 buts, Douglas (Boulogne), 17 buts, Lewandowicz (Grenoble), 16 buts - etc…

Coupe de France

6ème tour le 17 décembre 1961 à Brest
AS Brest 0-2 FC Nantes 

32ème finale le 7 janvier 1962 à Lorient
Angers 4-1 FC Nantes ff0826-du-09-01-1962-cdf32-2.jpg

Coupe Charles Drago

1er tour le 28 janvier 1962
Cherbourg 4-2 FC Nantes

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