Saison 1953-54 : la discorde dans le groupe
Les belles promesses d’automne sont vite refroidies par des dissensions internes qui plombent les ambitions sportives d’une équipe qui avait un potentiel certain.
Président : Saupin Marcel
Entraineur : Emile Veinante
Effectif : Amy (Christian), Balloche (Maurice), Budzin (Stanislaw) dit “Staho”, Desmars (Georges), Devallan (Jean), Domenger (Jean), Fassone (François), Ferrier (Pierre), Gallard (Barthélémy), Kodja (Amar), Leclerc (Bernard), Le Menn (André), Madani (Abdesselem), Michellier (?), Minci (Oswaldo), Orengo (Roger), Orosco (Claude), Perez (Paul), Sinibaldi (Pierre), Van Geen (Jan), Vreken (Gerrit).
Arrivées : Barthélémy Gallard (Stade Français), Pierre Sinibaldi (Reims).
Départs : Lucien Hérouard (arrêt), Amédée Huchart (Le Havre), René Samzun (Angers).
Football Club de Nantes
Saison 1953-54 :
Debout de gauche à droite : Orengo, Amy, Devallan, Madani, Vreken, Staho, Sinibaldi.
Accroupis de gauche à droite : Minci, Perez, Van Geen, Gallard, Ferrier, ?.
(avant la rencontre contre le Racing Paris le 4/10/53)
Championnat : Deuxième Division
Classement : 9ème (38 matchs, 14 victoires, 8 nuls, 16 défaites, 68 buts marqués, 62 buts encaissés).
Buteurs : Van Geen (16), Domenger (14), Perez (11), Gallard (7), Sinibaldi (7), Ferrier (5), Orengo (3), Minci (3), Devallan (1).
Coupe de France : Éliminés en 1/32èmes de finale.
Coupe Charles Drago : Éliminés au 1er tour.
Après deux saisons prometteuses qui ont vu l’équipe s’installer dans le haut du tableau de Deuxième Division, peu de bouleversements interviennent durant l’été. C’est la troisième année d’Emile Veinante au poste d’entraineur des canaris. Un renfort important et prestigieux est toutefois enregistré avec l’arrivée de Pierre Sinibaldi (29 ans) en provenance du Stade de Reims. International et champion de France à deux reprises (49 & 53) avec le club champenois,la carte de visite de Sinibaldi affiche alors 115 buts pour 189 matchs jouées en 1ère division (meilleur buteur de D1 en 1947). Un renfort de choix donc qui vient épauler Jan Van Geen pour former une attaque que l’on attend “canon”. L’autre recrue est Barthélémy Gallard, un milieu de terrain qui évoluait en D1 avec le Stade Français la saison précédente.
Pierre Sinibaldi, la recrue phare du FCN durant l’été 1953
Côté départs, René Samzun qui n’a pas convaincu retourne au SCO son club de toujours, Lucien Hérouard met lui un terme à sa carrière professionnelle à 32 ans tandis qu’ Amédée Huchart est transféré au Havre (D1). C’est Staho qui recule donc pour prendre la place qu’il occupait au centre de la défense nantaise les deux dernières saisons.
A cette époque les canaris s’entrainent au stade de la Contrie, le seul stade nantais qui est doté d’un éclairage artificiel.
Le FCN démarre sa saison officielle par un déplacement à Saint-Ouen le 23 août 1953. La grève des transports qui sévit n’empêche pas les nantais de rejoindre le stade Bauer dans la banlieue nord parisienne pour y décrocher un premier succès (1-2).
23/8/1953 (1ère journée de D2) : Red Star 1-2 FC Nantes
(Extrait du Miroir du Sport du 24/8/1953)
Les espoirs que font naitre cette belle victoire à l’extérieur sont vite refroidis dès la journée suivante quand les solides normands du FC Rouen viennent s’imposer à Malakoff sur le même score (1-2). Les canaris vont alors enchainer deux déplacements consécutifs. Le premier joué à Gerland contre un des favoris du championnat voit le FCN laisser échapper de justesse le gain de la rencontre face au futur champion (1-1, l’Olympique Lyonnais n’égalisant que dans la dernière minute), de bonnes dispositions qui se concrétisent à Alès (victoire 0-1) et surtout lors de la réception du SO Montpellier quand les attaquants nantais se déchainent face à une défense héraultaise en grand désarroi malgré la présence du talentueux Julien Darui dans ses buts. Le score (6-0) fait le régal des supporters qui assistent à un récital de Van Geen buteur et passeur et Ferrier auteur d’un triplé.
3/9/1953 (3ème journée de D2) : Lyon 1-1 FC Nantes
(extrait du Miroir des Sports du 7/9/1953)
Les canaris perdent malheureusement la première du traditionnel derby à Angers (2-1 pour le SCO) mais se reprennent aussitôt en alignant deux victoires à domicile (encore 6 buts contre Béziers, décidément les héraultais prennent cher cette saison là à Malakoff !). Le FC Nantes occupent alors une belle 3ème place au classement après huit journées (à égalité avec cinq autres équipes).
23/9/1953 (7ème journée de D2) : FC Nantes 6-2 Béziers
(Extrait du Miroir des Sports du 28/9/1953)
Le retour sur terre va pourtant être terrible. Le déplacement chez le second, le Racing Club de Paris, se solde par une terrible déroute (7-2) qui jettent le trouble chez les hommes de Veinante qui, encore sonnés de leur escapade parisienne, s’inclinent une nouvelle fois à domicile contre l’AS Cannes (0-1).
4/10/1953 (9ème journée de D2) : Racing Paris 7-2 FC Nantes
(extrait du Miroir des Sports du 5/10/1953)
11/10/1953 (10ème journée de D2) : FC Nantes 0-1 Cannes
(Extrait de France Football du 13/10/1953)
C’est le commencement d’une plongée au classement malgré le sursaut enregistré avec la victoire à domicile contre le CA Paris (5-3) au terme d’une rencontre complètement folle.Cette mauvaise série débute le dimanche 25 octobre 1953 quand le FC Nantes s’en va défier son voisin rennais.
Si les deux clubs ont eu quelques occasions de se rencontrer en matchs de préparation, voire même en Coupe de France (1950), c’est la première fois que les jaune et vert rencontrent les rouge et noir en championnat. Le Stade Rennais fait alors partie habituellement des équipes bien ancrées en 1ère division et a jusque là eu l’habitude d’évoluer au dessus du FC Nantes. Près de 14000 spectateurs se pressent Route de Lorient dont près de 2000 supporters nantais qui ont fait le déplacement en Ille-et-Vilaine. Au coup d’envoi le FCN (8ème) devance le Stade (9ème) d’un point au classement. Les locaux démarrent la rencontre tambour battant et marquent très rapidement par deux fois (5ème et 8ème minutes). Les canaris ne referont jamais leur retard initial et s’inclinent (2-0). Pierre Sinibaldi n’a pas participé à cette rencontre. Il traine la patte depuis quelques temps et se plaint de son genou. Une blessure diplomatique selon Emile Veinante qui lui reproche un comportement de diva. Le torchon brûle entre les deux hommes. L’implication de Staho et Gallard est aussi remise en cause par Veinante qui n’hésite pas à les écarter du groupe pour lancer deux jeunes : Kodja et Michellier. Le groupe nantais se fracture en clans et l’ambiance du vestiaire se détériore rapidement. Les résultats, forcément, en pâtissent. Sinibaldi, Staho et Gallard ont beau revenir, les défaites succèdent aux défaites et le FCN dégringole au classement pour occuper une triste 13ème place quand l’année 1953 s’achève. Tous les beaux espoirs du début octobre sont envolés et avec eux les ambitions de montée des plus optimistes.
Les canaris n’ont même pas l’occasion de faire illusion en Coupe de France, se faisant piteusement éliminer dès leur entrée en lice par les amateurs de Quevilly. Sans doute vexés par ce camouflet, ils réagissent aussitôt lors de la réception de Perpignan en championnat le 24 janvier. Le coup d’envoi de cette rencontre est donné par un nageur nantais, Raphaël Morand, qui vient de parcourir 42 km en 13h55 dans les eaux du Nil mais ce sont les défenseurs catalans qui se noient ce jour là en encaissant 5 buts pour une belle victoire des jaune et vert (5-1).
Les résultats s’améliorent sensiblement et l’attaque nantaise reprend des couleurs, surtout à domicile (5 buts contre Perpignan, 4 contre Besançon et 5 encore contre Grenoble).
En Coupe Drago cependant les artilleurs nantais ne parviennent pas à percer le coffre monégasque et le score nul et vierge (0-0 après prolongation) permet aux joueurs de la Principauté de repartir de Loire-Atlantique avec la qualification en poche.
Arrive alors le dimanche 14 mars et l’heure de la revanche contre le Stade Rennais qui vient pour la première fois affronter les canaris dans leur stade. 11500 spectateurs garnissent les gradins ce jour là et cette fois ce sont les nantais qui prennent le meilleur départ avec l’ouverture du score par Van Geen dès la 2ème minute. Sinibaldi, dans un grand jour, double la mise et le FCN mène (2-0) à la pause. C’est ensuite Pérez qui aggrave le score avant que les rennais ne réagissent par deux fois. Les supporters canaris n’ont pas le temps de prendre peur que Cueff marque contre son camp et redonne deux buts d’avance aux locaux qui les préserveront cette fois. Score final : 4-2. Le FC Nantes occupe désormais une 9ème place au classement.
21/3/1954 (30ème journée de D2) : CA Paris 1-1 FC Nantes
(extrait du Miroir des Sports du 22/3/1954)
4/4/1954 (31ème journée de D2) : FCN 1-3 Red Star
(Extrait de France Football du 6/4/1954)
11/4/1954 (32ème journée de D2) : Rouen 4-2 FC Nantes
(Extrait de France Football du 13/4/1954)
15 Avril 1954 (33ème journée de D2) : FC Nantes 2-2 Lyon
(extrait du Miroir des Sports du 19/4/1954)
Ce sera aussi leur classement définitif au terme de la saison, signifiant un recul significatif par rapport aux deux saisons précédentes. La cohabitation entre Veinante et Sinibaldi est aussitôt pointée du doigt comme principale cause des mauvaises performances canaris. Un point de non retour dans leur relation a été atteint qui qui force les dirigeants nantais à se séparer de l’un ou de l’autre.
Ils choisissent de préserver celui qui leur avait fait entrevoir de beaux espoirs deux saisons plus tôt et gardent Emile Veinante à la tête de l’équipe. Pierre Sinibaldi et son ami Gallard sont priés de faire leurs valises. Gallard prend la direction de l’AS Cannes quant à Sinibaldi il accepte la proposition des dirigeants de Perpignan qui le recrutent comme entraineur-joueur. C’est pour lui le début d’une longue carrière d’entraineur qui le mènera jusqu’à la tête du club d’Anderlecht avec lequel il obtiendra la notoriété internationale. Le style de jeu offensif qu’il impose aux belges fera l’admiration de tous, et inspirera nombreux de jeunes techniciens dont un certain José Arribas.
La saison se termine tout de même sur une bonne note en juin 54 quand les amateurs dirigés par Albert Heil remportent le championnat de l’Ouest et accèdent ainsi pour la première fois au CFA1.
Bilan de la saison :
Tags: 1953, 1954, Christian Amy, Emile Veinante, FC Nantes, Jan Van Geen, Marcel Saupin, Pierre Sinibaldi, StahoDeuxième Division
FC Nantes : 9ème
1ère journée : Red Star 1-2 FC Nantes
2ème journée : FC Nantes 1-2 Rouen
3ème journée : Lyon 1-1 FC Nantes
4ème journée : Alès 0-1 FC Nantes
5ème journée : FC Nantes 6-0 Montpellier
6ème journée : Angers 2-1 FC Nantes
7ème journée : FC Nantes 6-2 Béziers
8ème journée : FC Nantes 1-0 Aix
9ème journée : Racing Paris 7-2 FC Nantes
10ème journée : FC Nantes 0-1 Cannes
11ème journée : FC Nantes 5-3 CA Paris
12ème journée : Rennes 2-0 FC Nantes
13ème journée : FC Nantes 0-1 Valenciennes
14ème journée : Grenoble 2-2 FC Nantes
15ème journée : Besançon 2-0 FC Nantes
16ème journée : FC Nantes 0-1 Troyes
17ème journée : Perpignan 3-1 FC Nantes
18ème journée : Toulon 0-2 FC Nantes
19ème journée : FC Nantes 1-2 Sedan-Torcy
20ème journée : Béziers 2-2 FC Nantes
21ème journée : Aix 2-0 FC Nantes
22ème journée : FC Nantes 1-1 Angers
23ème journée : Montpellier 1-1 FC Nantes
24ème journée : FC Nantes 5-1 Perpignan
25ème journée : Troyes 2-1 FC Nantes
26ème journée : FC Nantes 4-1 Besançon
27ème journée : FC Nantes 5-3 Grenoble
28ème journée : Valenciennes 2-1 FC Nantes
29ème journée : FC Nantes 4-2 Rennes
30ème journée : CA Paris 1-1 FC Nantes
31ème journée : FC Nantes 1-3 Red Star
32ème journée : Rouen 4-2 FC Nantes
33ème journée : FC Nantes 2-2 Lyon
34ème journée : FC Nantes 2-0 Alès
35ème journée : Cannes 0-1 FC Nantes
36ème journée : FC Nantes 2-3 Racing Paris
37ème journée : FC Nantes 1-0 Toulon
38ème journée : Sedan-Torcy 0-0 FC NantesClassement
Club Pts J G N P Bp Bc Diff 1 Lyon 58 38 25 8 5 108 44 +64 2 Troyes 55 38 24 7 7 101 34 +67 3 Racing Paris 55 38 25 5 8 107 48 +59 4 Rouen 52 38 23 6 9 81 47 +34 5 Sedan-Torcy 49 38 19 11 8 77 41 +36 6 Rennes 44 38 19 6 13 86 53 +33 7 Red Star 44 38 20 4 14 71 59 +12 8 Perpignan 39 38 16 7 15 49 63 -14 9 FC Nantes 36 38 14 8 16 68 62 +6 10 Valenciennes 36 38 16 4 18 56 62 -6 11 Angers 35 38 12 11 15 53 58 -5 12 Aix 35 38 14 7 17 53 67 -14 13 Cannes 34 38 12 10 16 49 55 -6 14 Besançon 33 38 11 11 16 50 65 -15 15 Grenoble 33 38 12 9 17 54 80 -26 16 Béziers 27 38 10 7 21 41 92 -51 17 Alès 27 38 10 7 21 31 83 -52 18 Toulon 26 38 11 4 23 45 82 -37 19 CA Paris 23 38 8 7 23 56 91 -35 20 Montpellier 19 38 5 9 24 23 73 -50 Buteurs : Courteaux (Racing), 36 buts - Cisowski (Racing), 34 buts - Quaino (Rouen), 30 buts - Caeiro (Rennes), Flamion (Troyes), 25 buts - Césari (Troyes), 24 buts - Schultz (Lyon), 23 buts - Bengtsson (Rennes), 21 buts - Cél.Oliver (Sedan), 19 buts - Van Geen (Nantes), Brény (Sedan), Guillot (Rouen), 16 buts - etc…
Coupe de France
32èmes de Finales à Cherbourg le 17/1/1954
Quevilly 1-0 FC NantesCoupe Charles Drago
1er tour le 14/2/1954
FC Nantes 0-0(AP) Monaco